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NOTHING IS PERFECT, exposition personnelle MAMM (Musée d'art multimédia de Moscou) 30.01 - 22.02.15

« Nothing is perfect », de cette affirmation ressort le « versant-malicieux » de l’image qui se révèle par ses erreurs. En s’inspirant des formes originaires de la nature à la géométrie exemplaire, l’image se reconfigure mais avec ses singularités hybrides, ses «défauts » et ses disproportions.
Une révolution végétale est en marche : des « fleurs » parées de différents artifices s’ouvrent et se mettent à nu sur le grand écran ; une assemblée de pommes de terre, la pointe d’un navet et le hérissement de façades organisé par la présence de concombres, sont érigés en temples religieux… L’artiste Dmitri Bulnygin reproduit selon un processus d’observation les formes naturelles aux structures construites par l’homme.
Cette « botanique sociale » se retrouve également dans l’attention de l’artiste pour les objets du familier, mais aussi pour les ressemblances entre types humains et les rassemblements de citoyens. Sa vigilance provoque des expériences sensorielles à partir de la perturbation de l’image dans les effets miroir et les démultiplications, les lectures inversées et des trompe-l’œil. Ce sont autant de défis lancés à l’ennui éprouvé par l’immobilité du décor.
Entre nature-morte, dérives architecturales et ornementales, l’artiste évoque par le médium vidéo le brusque effondrement d’un système, figuré dans l’image d’un navire qui sombre ou celle de murs en feu. Temps allégoriques de la vie sur terre présentant un peuple « noyé de gloire », gonflé puis vidé de ce qui lui est essentiel pour vivre, l’évolution est rendue visuellement sous forme d’un «précipité ». Dans ce tourbillon jusqu’à l’actualité, la place centrale de l’image médiatisée est ici réglée dans le geste de jeter les écrans de télévision par la fenêtre.
Aussi, dans cette exposition, le choix des travaux présentés caractérise le parcours visuel de l’artiste Bulnygin et l’évolution des moyens numériques retenus, passant de l’esthétique ludique proche du jeu vidéo à la grande plasticité des images dans l’espace privé ou public.  « Nothing is perfect », c’est aussi le terrain des expériences accompagnées d’une ombre de nostalgie où l’on sourit d’un temps passé dans lequel on a vécu, un autre dans lequel on continue de vivre, avec d’autres images et langages visuels.

Louise Morin

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Se rappeler de tout, video mapping, 2015

 

Aquarium, video mapping, son, 2015

 

Le terreau du peuple, photographie, 2014